Mon Papa. (suite)

Mon Papa. (suite)

Tant d'années sont passées,
Pourtant, rien n'est effacé,
Sa présence, ça me manque,
De n'avoir plus rien en banque
Pour pouvoir seulement soigner
Ses poumons trop malmener,
Son souffle coupé des scories,
Souffrant ainsi de pleurésies.

C'est ainsi, c'est là, sa vie,
Ses cheveux noirs, ses sourcils
Où je me vois, me reconnaît,
Tellement de métiers, il a fait
Pour nous, très peu pour lui,
Son histoire toute meurtrie.
Vicissitudes pour tous, aléas
Que vivait ainsi, mon papa.

Nous lavant ainsi dans la cuve
D'où sortait une belle effluve,
De patience, de tendresse,
Me restant comme caresse,
Le savon de Marseille en main,
Nous lavant dans ce bon bain.
Il sifflait pour faire l'oiseau
Qu'il attrapait sous cordeaux.

C'était un fin, mon père.
Il savait cacher la misère
Même sous un ciel tout gris,
Il savait nous donner envies.
Le meilleur comme le pire,
Même tout un grand empire
Ne sauront venir remplacer
Son amour qu'il m'a donné.

En dessous des étoiles,
Un enfant sous un voile,
Sur ses épaules me portait
Pour voir de bien plus près,
Ce lointain, beau paysage
En parlant, aucun présage,
Me laissant ainsi deviner
A tout ce qu'il devait penser.

Et, dans son présent sourire,
Il ne m'a même pas vu grandir.
Il ne savait pas en moi femme,
Tout l'amour, la seule flamme
Qui m'a porté, me porte encore.
Aujourd'hui pour lui, belle essor
Enamourée, ainsi transportée
Dans les hospices, malmenée

De séparations en déclarations,
Tu as laissé là, des chansons
Que tu donnes envie de créer,
Voyageant dans toute éternité,
C'est par toi qu'elle a commencé
Ma vie, sous le soleil d'un été.
Maintenance de mes espérances,
Un bonheur dans toutes enfances.

MJC 2 Mai 2008



Article ajouté le 2008-05-02 , consulté 18 fois

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